L'artiste

Mathilde dans la chambre arnéchoïque de l'IRCAM de Paris. © Photogramme du film "Précieux silence(s)" de Benoît Prigent. Crédit : Féliz films, 2026.

Biographie

Mathilde Lauret
Saint-Pierre, La Réunion, 1997

Née en région parisienne au sein d'une famille créole réunionnaise aux héritages culturels métissés, Mathilde Lauret est sourde profonde de naissance. Dès l'âge de cinq ans, sa famille choisit de revenir s'installer à La Réunion afin qu'elle puisse grandir auprès des siens, dont la présence était essentielle à l'acquisition du langage et à son développement. Ses parents mènent alors un long combat pour lui offrir les accompagnements médicaux, éducatifs et linguistiques les plus adaptés. Cette double appartenance, entre métropole et océan Indien, nourrit aujourd'hui son regard sur la mémoire, le territoire et les multiples manières de percevoir le monde.

Artiste plasticienne française vivant et travaillant à La Réunion, elle est diplômée de l'École Supérieure d'Art de La Réunion avec les félicitations du jury (DNSEP, grade de master, 2020). Elle poursuit également une partie de sa formation à l'Accademia di Belle Arti de Turin dans le cadre du programme Erasmus+. À l'issue de son diplôme, elle s'inscrit en préparation d'une thèse doctorale mêlant arts plastiques et sciences sociales, consacrée à l'art sonore, au Centre Saint-Charles de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ce projet de recherche est toutefois interrompu dans le contexte de la pandémie de Covid-19, les conditions d'enseignement rendues difficiles par le port généralisé du masque n'étant pas compatibles avec ses besoins d'accessibilité à la communication.

À travers l'installation, le dessin, la céramique, la sculpture, la photographie et l'image en mouvement, elle développe une recherche artistique qui explore les relations entre silence, vibrations et perception sensorielle. En parallèle de cette recherche contemporaine, elle développe un travail figuratif inspiré du patrimoine naturel et culturel de La Réunion. Faune endémique, paysages, végétation et symboles de l'île nourrissent une série d'œuvres où mémoire, identité et transmission dialoguent avec une approche sensible de la création.

Au fil de ses recherches, Mathilde Lauret développe un vocabulaire artistique propre, notamment autour des notions de vibrophonie et de persilence, qui constituent aujourd'hui le socle théorique de sa démarche. Son travail a été présenté en France et à l'international, notamment à l'Artothèque de La Réunion, à l'Espace Nootoos (Strasbourg), lors de l'exposition Résonnances d'une île à la Villa de la Région Réunion, au Musée d'Art Contemporain de Marseille (2026), ainsi qu'au Taoxichuan Art Museum de Jingdezhen (Chine). Lauréate du Nouveau Grand Tour de l'Institut français (Italie, 2024) et de l'Art Development Programme de la Banque européenne d'investissement (2025), elle reçoit également en 2024 l'un des prix du China Jingdezhen International Ceramic Exhibition (CJICE), récompensant l'originalité de sa démarche artistique.

Parallèlement à sa pratique, Mathilde Lauret mène des projets de recherche, des résidences, des conférences et des workshops/enseignements autour de la création contemporaine, de l'accessibilité et des perceptions sensorielles. 



Démarche artistique

Le silence n'est pas envisagé comme une absence, mais comme une matière de création et un espace de perception. La démarche artistique de Mathilde Lauret s'attache moins à représenter le silence qu'à révéler les multiples formes de présence qu'il contient. Les vibrations, les phénomènes imperceptibles, les mémoires du territoire, les enjeux liés à l'écologie sonore, les expériences sensorielles et certaines questions de société deviennent autant de moyens d'interroger notre manière d'habiter le monde.

En développant des œuvres qui sollicitent autant le regard que le corps et l'imaginaire, elle propose une autre manière d'entrer en relation avec le sensible. Sa pratique ne cherche pas à expliquer la surdité ni à traduire le silence : elle invite chacun à reconsidérer ses propres modes de perception et à élargir son expérience du réel. Cette recherche se prolonge dans l'élaboration des notions de persilence et de vibrophonie, qui constituent un vocabulaire artistique questionnant notre manière d'écouter, de percevoir et d'entrer en relation avec le vivant, les autres et les phénomènes invisibles qui traversent notre quotidien.

L'artiste

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Livres d'artiste

Éditions originales • Tirages limités • Exemplaires signés
Découvrez une sélection de livres d'artiste  en éditions originales,
prolongeant les recherches de Mathilde Lauret autour du silence, de la perception et du territoire.

Journal d'un double confinement (2020)

Persilences, esquisses pour une perception sans nom (2025)

Confidences d'une sourde dans un monde de bruits (2026)

Expositions, publications, distinctions et résidences

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